
- Auteur
- Hoàng Tích Chù
- Date
- 1955
- Technique
- Lacquer on board
- Conservation
- Private collection
- Licence
- Public domain
- Source
- Wikimedia Commons
La laque, matériau d'artisanat, devenue medium de peinture — au Viêt Nam, en 1955.
Le sơn mài est la peinture vietnamienne à la laque, et elle a commencé comme artisanat du mobilier et de l'autel : résine de l'arbre à laque, accumulée en de nombreuses couches sur panneau, avec coquille d'œuf, feuilles d'or et d'argent incrustées, puis poncée et polie jusqu'à faire remonter les couches enfouies.
Dans les années 1930, un groupe de peintres de l'École des beaux-arts de l'Indochine à Hanoï entreprit de la pousser vers l'art, et Hoàng Tích Chù fut de ceux qui menèrent cela à terme. Le problème qu'ils résolvaient est précis : la laque est opaque, lente, et se travaille à l'envers — l'artiste accumule puis retire pour trouver l'image, ce qui tient davantage de la gravure que de la peinture dans le frais.
Ce paysage est daté de 1955, sur panneau. La palette est la palette traditionnelle, largement imposée par la chimie — bruns et noirs profonds de la résine, rouge de cinabre, feuilles d'or et d'argent — mais la composition est un tableau de chevalet moderne plutôt qu'un panneau décoratif.
La date mérite qu'on s'y arrête. En 1955, le Viêt Nam sortait de Điện Biên Phủ et des accords de Genève, et le pays avait été divisé au dix-septième parallèle l'année précédente. Un paysage peint à ce moment-là, dans un medium que l'on hissait consciemment au rang d'art national, n'est pas un objet neutre.
L'œuvre est en collection privée.